Tout comprendre des sacs de couchage et choisir le bon

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J’en ai vu passer des sacs de couchage dans mon ancienne vie de vendeur. Que ce soit au magasin ou dans les salons pros, le nombre de modèles et de marques existants est énorme ! C’est la raison pour laquelle il est parfois difficile de s’y retrouver.

Si vous êtes ici, devant cet article, ce n’est peut être pas un hasard.

Vous-êtes très nombreux à vous demander quel sac de couchage sera adapté à vos randos, vos projets de trek ou de voyage. En gros, le sac ultime : pas cher, chaud, léger, ultra compressible…

 

On veut tous la même chose : le meilleur sac au meilleur prix 

Malheureusement, la réalité vous rappelle à l’ordre dès que vous commencez à fouiner sérieusement sur les sites marchands du net. Beaucoup d’offres, des amplitudes de prix énormes, des isolants différents, des normes, des traitements pour les tissus et duvets naturels, etc et j’en passe.

Admettez que gaspiller son argent dans un mauvais achat n’est jamais source de contentement. D’autant plus que le sac de couchage est un article essentiel dans la pratique et vous allez le garder très longtemps.

 

La chose difficile dans la sélection d’un sac de couchage est de trouver le ratio subtil entre :

le type de randonnée/la saisonnalité/ la tente/le matelas/sa physionomie = votre sac de couchage ultime !

Je vous préviens tout de suite : cet article est assez long, mais c’est la condition pour trouver la perle rare. En suivant simplement les étapes ci-dessous vous vous donnerez la possibilité d’y voir plus clair sur les critères de sélection et vous amènera à vous poser les bonnes questions.

Ce que vous allez trouver dans les paragraphes suivant  :

  • Les différences entre les duvets (oies et canards) et les matériaux synthétiques ; et l’importance d’avoir de bonnes informations
  • Comprendre la température confort d’un sac de couchage
  • Les différents type et forme de sacs de couchage
  • Déterminer quel type de randonneur je suis : les types de randonnées que je fais, la fréquence de marche, les lieux où je randonne
  • En quoi le tente et le matelas sont indissociables du choix du sac de couchage
  • En quoi vos caractéristiques physique importent dans le choix du sac et les solutions à adapter en fonction de vos besoins

Matière du sac et applications sur le terrain :

La première des choses à savoir concernant un sac de couchage c’est qu’il ne vous apporte pas de chaleur. C’est la qualité de la matière isolante qui se chargera de garder, avec plus ou moins d’efficacité, la chaleur produite par votre corps.

Les matières isolantes des sacs sont regroupées en deux catégories : les isolants naturels et les isolants synthétiques.

Isolants naturels :

Le duvet naturel est le plus connu des isolants naturels. À l’origine le duvet d’Eider, grand canard migrateur, était collecté directement dans les nids après l’éclosion des œufs. S’il existe encore des cueilleurs de duvet dans l’estuaire du Saint-Laurent au Québec, le prix des articles reste dissuasif (4000€ pour une couette de 140×200 cm)…

Les isolants naturels les plus courants sont le duvet de canard et le duvet d’oie. Même si les deux ont des pouvoirs isolants très efficaces, le duvet d’oie à une qualité isolante supérieure et je vous explique pourquoi.


Les propriétés sont très proches, voire égales dans certains cas, mais la plupart des articles en duvet de canard viennent d’animaux élevés pour la viande et abattus avant leur maturité complète. Le problème est que le duvet lui-même n’est pas “mature” et ne présente donc pas des caractéristiques isolantes optimums.

Dans le pire des cas, les animaux une fois morts, sont ébouillantés afin de faciliter leur plumage, et le duvet stocké encore mouillé ; ce qui dégrade fortement la propriété isolante. Il en résulte un produit fini (sac de couchage, doudoune etc) à très bas prix pour une qualité isolante médiocre.

Il ne faut pas s’arrêter à cela et certaines grandes marques de sac de couchage font appel à des producteurs qui, dans leur filière, ont compris l’importance de la revalorisation du duvet et du respect des animaux. Ils font donc tout le nécessaire afin que la qualité du duvet de canard soit au top.

Les élevages de canard étant plus nombreux que les élevages d’oies, le prix de la matière première est donc plus abordable pour les fabricants qui préfèrent s’orienter vers ce choix.

L’élevage de l’oie étant plus long en général, le duvet est donc mieux développé. Le duvet a un meilleur gonflant et peut donc emmagasiner plus d’air. À grammage égal, le duvet d’oie sera plus isolant et plus léger que le duvet de canard.

La température où se situe l’élevage est très importante, car plus le climat sera froid, plus l’animal se chargera d’un duvet épais. L’élevage en plein air ainsi que l’alimentation jouent un rôle primordial dans la qualité du duvet de l’animal. Plus le canard ou l’oie aura eu un environnement de croissance le plus naturel possible, meilleure sera la qualité du duvet…

Pour bien comprendre le pouvoir gonflant (fill power ou CuIn) :

Je cite ci-dessous l’extrait d’un article que j’avais écrit pour le site du magasin le Yéti, fermé désormais mais que vous pouvez retrouver sur le blog très complet d’Expérience Outdoor ( https://www.experience-outdoor.com/comment-choisir-son-sac-de-couchage/ ) :

Le CuIn est le pouvoir gonflant du duvet. Il est calculé pour un volume de 16,39 cm3 pour une once de duvet (28.35g). C’est un élément essentiel afin de se donner une idée de la chaleur générale. Il ne faudra pas oublier de l’ajouter à la masse totale de duvet que contient la veste ou le sac de couchage ainsi que le volume des compartiments.

Meilleur est la qualité de plume, plus le gonflant est important et plus il occupera de la place, meilleur sera donc l’isolation.

Par exemple : pour un duvet 800 CUIN, une once occupera 800 cube inche. Vous retrouverez parfois un « + » après la valeur en CUIN, cela signifie que la valeur est le minimum certifié.

La mesure du fill power (pouvoir gonflant) se fait en laboratoire. Une quantité de duvet est placée dans un cylindre comme celui de la photo ci-dessous. Un poids de forme cylindrique et plat, de même diamètre du contenant est posé sur le duvet. Le duvet reprenant son gonflant commence à repousser le poids vers le haut. Une fois celui-ci au maximum de son gonflant, l’indice mesuré indique la qualité du duvet testé.

ATTENTION : Avec la mesure l’Europe et les États-Unis. En effet les cylindres utilisés aux US sont d’un diamètre inférieur à ceux utilisés chez nous. D’une marque américaine, il faudra enlever environ 100 CUIN pour avoir son équivalent européen

Avant de choisir entre fibre ou synthétique, ci-dessous vous remarquerez le pouvoir gonflant différent en fonction de la qualité du duvet. Le récipient ainsi que la masse du duvet sont les mêmes.

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de gauche à droite : duvet 1er prix / qualité supermarché / très bonne qualité / qualité exceptionnelle /la plus haute qualité

Important, en plus de connaître le fill power ou cuin, il est important de connaître la charge (le grammage) de duvet que contient le sac de couchage. Par exemple, un sac de couchage en 800 cuin d’un poids total de 1,2 kg contenant 800 grammes de duvet sera “plus chaud” qu’un sac en 800 cuin de même poids contenant 600 grammes de duvet.

Ok, vous voilà armés de suffisamment d’informations sur le duvet naturel ! Allez, on passe au chapitre suivant :

Isolants synthétiques :

Supermix, Syntek Loft, Polarloft , Thermal.Q, Thermolite, ElixR Micro, eraLoft … Chaque grande marque a développé son isolant synthétique ou a fait appel à un constructeur spécialisé dans l’élaboration de matières isolantes.

Comme très souvent, l’Homme puise ce qu’il trouve dans la nature pour s’en inspirer. L’idée étant de copier au maximum les barbules du duvet naturel, mais avec les contraintes de construction des matières premières synthétiques. Exemple :

le duvet naturel
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Le synthétique (crédit Coreloft)
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Le synthétique encore (crédit Mountain Equipment)

Les isolants synthétiques ne sont pas réservés aux personnes n’ayant pas les moyens d’acheter un sac de couchage en duvet naturel, même si c’est un argument de taille. En fonction des types de sorties, lieux où l’on randonne habituellement, le choix du synthétique s’imposera de lui-même. Que ce soit pour randonner en milieu très humide ou encore si le poids et l’encombrement ne sont pas un problème, le choix du synthétique sera le bon.

Synthétique ou naturel ? Le pour et le contre :

Isolant synthétique :

+ avantages– inconvénients
. Le prix. Plus lourd (à tp° confort égale)
. Isole bien même humide. Plus encombrant (se comprime moins)
. Facilité d’entretien : lavage classique et séchage rapide. Isole moins bien dans le temps (perd son gonflant)
. Moins confortable

Isolant naturel :

+ avantages– inconvénients
. Ratio poids/isolation/encombrement. Prix
. Confort. Craint plus l’humidité importante
. Durabilité du duvet dans le temps. Entretien compliqué (lavage particulier et séchage long)
. Pouvoir gonflant. N’isole pas une fois mouillé
. Le duvet peut avoir un traitement contre l’humidité. Rares cas d’allergie

Information importante :

Pour aller un peu loin, vous aurez compris que le gonflant d’un sac de couchage en duvet est primordial. Meilleure est la qualité du duvet, meilleur sera le gonflant, donc meilleure sera l’isolation (pour être clair, un gonflant avec du duvet de qualité permettra de mieux retenir l’air chaud que dégage votre corps). Quid de la question que vous vous êtes peut-être déjà posée à ce stade de l’article : “mettons que je dorme sur le dos, la partie inférieure du sac de couchage entre mon dos et le matelas est comprimée.

Suis-je isolé quand même ? La réponse est non. Sauf si vous avez un matelas de sol isolant”.
Et oui et c’est aussi valable pour les nuits en hamac.

Vous vous posez sûrement plein de questions encore et c’est normal. Choisir un sac de couchage qui vous suivra plusieurs années est vraiment difficile. Ne vous inquiétez pas, on a pas mal de choses à aborder encore. Vous trouverez plus bas les réponses concernant le choix de votre sac en fonction de la tente et du matelas que vous avez.

On continue !

Comprendre la température confort :

Si il est toujours difficile de trouver l’équipement qui nous convient parfaitement (adéquation homme/terrain/équipement), il est d’autant plus important de bien comprendre les caractéristiques qui les différencient.
Qu’il soit en duvet ou en synthétique, la température confort d’un sac se lit de la même manière.

Si vous avez acheté un sac de couchage, vous avez déjà certainement vue une étiquette ressemblant à cela :

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En y regardant de plus près, deux informations apparaissent :

La Tp° confort, limite confort, extrême :

  • La température confort : c’est la tp° limite d’utilisation dans laquelle vous dormez relâché, les bras le long du corp sans ressentir le froid extérieur. Elle est toujours indiquée pour une “femme standard”.
  • La température limite confort : c’est la tp° limite dans laquelle vous dormez en position fœtal sans ressentir le froid extérieur. Elle est toujours indiquée pour un “homme standard”.
  • La température extreme : c’est la tp° dans laquelle, en position fœtal vous ressentirez le froid extérieur. A ce niveau là, il faut craindre un risque pour la santé. Au-delà, le risque mortel par hypothermie est présent. Elle est toujours indiquée pour un “homme standard”.

Ne vous arrêtez pas au degré près ! Pour l’exemple ci-dessus, les températures confort sont à lire par tranche

Exemple (pour la photo ci-dessus) :
Jusqu’à un degré ont est dans la température confort d’utilisation. De 1 à -5 degré c’est la tp° limite confort. De -5 à – 22 c’est la tp° extreme.

Une photo pour que vous compreniez mieux par ce que j’appel tranche:

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ATTENTION !!! ces valeurs sont données à titre indicatif ! Afin de mieux comprendre pourquoi, il est important de savoir à quoi correspond la norme EN 13537

La norme EN 13537

Indispensable à mon sens, cette norme consiste à tester dans les mêmes conditions (à peu près) des sacs de couchage en laboratoire agréé. Un mannequin est placé dans un sac de couchage à tester, le tout sur un matelas isolant. Des capteurs sont répartis en 6 à 35 segments (selon les labos) sur le mannequin et on mesure la déperdition de chaleur. Il existe quand même des différences entre les différents laboratoires agréés et c’est la raison pour laquelle il ne faut pas interpréter les résultats à la lettre.
Julien du magasine Carnet d’Aventure avait écrit il y a quelques années un très bon papier sur cette norme, en voici quelques extraits :

“Les conditions de test (température, hygrométrie, vitesse de l’air, matelas, habillement du mannequin, temps de conditionnement du sac de couchage, etc…) sont fixées par la norme, avec des plages parfois assez larges :

  • La température de surface du mannequin est choisie entre 25°C et 40°C.
  • La température extérieure est décorrélée de la température d’utilisation, puisqu’elle est prise en compte dans le calcul de résistance thermique, elle doit seulement être inférieure d’au moins 15 degrés à la température du mannequin (pour info, les rapports étudiés montrent des températures de test entre -10°C et +20°C).
  • Le taux d’humidité doit être fixé entre 40% et 80%.
  • La vitesse de l’air extérieur doit être inférieure à 0,5 m/s (soit 1,8 km/h), la vitesse recommandée étant de 0,3 m/s.
  • Le mannequin doit mesurer entre 1,5m et 1,9m de haut, avec une surface comprise entre 1,5 et 2,1m². Il comporte au moins un point de mesure.
  • Le mannequin est entièrement couvert d’un vêtement de résistance thermique 0,049 m²·K/W (±10%), avec des chaussettes de 0,054 m²·K/W (±10%) et un masque de visage.
  • Le matelas est de résistance thermique 0,85 m²·K/W (±7%), et placé sur une planche de bois d’environ 12mm d’épaisseur, surélevée du sol.
  • En ce qui concerne la préparation du sac de couchage, la norme EN 13537:2002 spécifiait seulement que celui-ci devait être sorti depuis au moins 12 heures avant la mesure. La norme EN 13537:2012 précise désormais une méthode de conditionnement du sac de couchage.

Les moyens de tests sont également calibrés de manière à limiter les différences de résultats entre les laboratoires (qui utilisent des environnements et des mannequins différents). Des calculs correctifs sont donc appliqués.
Enfin, pour limiter les erreurs liées à la mise en œuvre et améliorer la reproductibilité du test, celui-ci est normalement réalisé trois fois, et le résultat final est la moyenne de ces trois mesures.”

En dehors de ces différences de résultat, il faut aussi prendre en compte que votre organisme est plus complexe qu’un mannequin muni de capteurs… Votre frilosité dépend d’abord de vous, de votre fatigue, de votre alimentation et également de votre hydratation.
Il faut savoir aussi que les tests ne prennent pas en compte une forte humidité dans l’air, du vent en rafale, le fait d’être isolé sous une tente (ou non), la qualité du matelas de sol ou encore l’altération de votre sac avec le temps.

Je pourrais développer d’avantage sur le sujet comme par exemple : la révision de la norme en 2012 destinée à diminuer la variabilité des résultats en laboratoires. Depuis 2016 la nouvelle norme ISO EN 23537 tend à remplacer l’ancienne mais peu de constructeurs l’ont adoptée (RAB, Décathlon). Pas de panique, aucune norme n’est parfaite mais vous avez suffisamment d’éléments déjà pour vous aider. Il s’agit juste d’une “mise à jour” de l’ancienne norme sur des détails mineurs. Pour garder cet article simple et lisible, je préfère m’arrêter là.

L’information essentielle à retenir : La norme 13537 – 2012 (ou EN13537 – 2016) vous permet de pouvoir comparer les tp° confort des sacs de couchage entre eux de marques différentes. Les informations données par le constructeur sont à prendre avec beaucoup de méfiance si les sacs ne sont pas normés 13537 (2012 ou 2016) ou NF ISO 23537 – 2017.

Types et formes des sacs de couchage :

Le sac ultime est un sac polyvalent. Oui mais non… À un moment il va falloir faire un choix et c’est la raison pour laquelle vous galérez. On ne peut pas tout avoir mais on va essayer de s’en rapprocher.

Les formes d’un sac de couchage sont assez variées : Rectangulaire, sarcophage, pied d’éléphant, quilt.

Forme rectangulaire:

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(crédit Gosport)

Le sac de couchage rectangulaire possède de nombreux avantages. Qu’il soit en synthétique ou en garnissage naturel, il est le sac à tout faire. Généralement moins cher qu’un sac sarcophage, et plus volumineux (en général) il permet de partir en vadrouille à peu près n’importe où. Son gros avantage réside dans la longueur de sa fermeture éclair.

Tantôt sac de couchage tantôt couette, il permettra de pouvoir dormir presque n’importe où : nuit en camion, gîtes/refuge ou encore canapé d’un pote. Néanmoins, pour les randonneurs réguliers, il n’est pas le plus protecteur et les qualités citées au-dessus peuvent vite devenir de sérieux défauts. En rando et après une bonne journée de marche, l’idée est de pouvoir récupérer au maximum afin de ne pas être explosé le lendemain.

La fermeture éclair courant sur la longueur totale du sac est ce qu’on appel un point froid. Ce point froid est une zone qui n’est pas ou peu isolé (parfois il y a un rabat à l’intérieur du sac afin “d’isoler” la fermeture). Autre point froid : les angles. Comme le volume d’air est plus important, les endroits du sac peu utilisés ne permettent pas à votre corps de chauffer le volume d’air non utilisé.

Par exemple, si vous dormez seul dans un lit deux places dans une pièce peu ou pas chauffée, dès que vous vous décalez de 20 cm, vous constatez tout de suite que la température du drap n’est plus la même… Dernier et ultime point froid : le manque de capuche ! Eh oui, la plupart des sacs rectangulaires n’ont pas d’isolation à la tête (zone par laquelle vous perdez le plus de chaleur). Si la température est fraîche, vous vous retrouverez vite en position fœtale. En gros, vous allez vous geler. 

Sarcophage

Le sac de couchage de forme sarcophage est le plus répandu en randonnée. Tout a été pensé pour répondre aux exigences d’une bonne nuit de récupération.
Un bon sac de couchage, bien pensé et bien construit vous donnera satisfaction pour de nombreuses années de bivouac. La forme épouse votre corps en évitant au maximum les points froids. La fermeture éclair, qu’elle soit sur toute la longueur ou bien 3/4 (environ 60 cm) est protégée par un rabat.

Toujours équipé d’une capuche réglable, il sera judicieux de choisir un modèle possédant une collerette (flèches blanches sur la photo de droite) qui protégera vos épaules.

Qu’ils soient en duvet naturel ou synthétique, ils se compriment facilement et prennent peu de place dans le sac à dos (rappel : un sac en duvet naturel est plus léger et se comprime mieux qu’un en synthétique pour une tp° confort, normé, égale).
Évidemment, ils n’ont pas que des qualités comme vous avez pu le constater dans le tableau (avantages/inconvénients) plus haut. C’est sur ce type de modèle que 90% des randonneurs s’orienteront. On verra plus bas comment trouver celui qui vous correspondra le mieux.

Quilt et pied d’éléphant

Plutôt privilégiés par les personnes désirant marcher avec un sac léger, ces modèles ne font aucun compromis. Les personnes se tournant vers ces choix savent déjà à quoi s’attendre quand ils s’orientent dans cette direction car ils se connaissent très bien en randonnée.
Le quilt en duvet naturel ne possède pas de dos. Vous êtes directement sur le matelas. Rappelez vous que le duvet comprimé n’isole plus car il ne peut plus emmagasiner l’air ; autant économiser de la matière.

Ils n’ont pas de capuche n’ont plus, un bonnet pouvant faire l’affaire. Pour le coup, on a un produit exigeant plus léger que les sarcophages. Un système d’élastique permet de fixer le sac de couchage au matelas afin qu’il reste bien en position durant la nuit.
Sur la photo de droite, le pied d’éléphant. Le modèle présenté fait 170 cm de long mais il en existe des plus courts (120 – 150 cm). Très léger et prenant une place très réduite dans le sac à dos, il sera couplé avec une doudoune. Ce n’est ni plus ni moins qu’un demi sac de couchage dont on a enlevé la partie supérieure. 

Je ne m’attarde pas sur le sujet car très peu de personnes sont concernés par ces produits et la plupart du temps n’auront pas besoin de cet articles. (pour aller plus loin, voici un très bon article sur le sujet)

Bon, on vient de terminer un bon bloc sur les matériaux et différentes construction des sacs de couchage. Maintenant, on va affiner et :

Déterminer quel type de randonneur je suis :

Les types de randonnées que je fais, la fréquence de marche, les lieux où je randonne.

Bien se connaître et bien connaître les lieux où l’on va cheminer sont les éléments qui vont vous permettre de choisir votre sac de couchage avec précision. Qu’on soit débutant ou expert, il est difficile de conseiller un sac de couchage à quelqu’un. On ne peut pas dire : “Tu devrais prendre ce sac, il est super, je l’ai depuis cinq ans maintenant, je ne suis pas déçu!”. Même si cela part d’un bon sentiment, le cadeau pourrait s’avérer empoisonné…

Mes besoins ne sont pas les mêmes que tout le monde. Il existe autant de randonneurs que de chemins. Suivre ce genre de conseils risque de vous faire perdre du temps, de l’argent et bien plus grave encore : vous mettre en danger.

Il est important, premièrement, de déterminer les endroits où vous marchez le plus régulièrement. Dans 90% des cas, les lieux de bivouac se situent en dessous de 1500 m (oui ok, il arrive de bivouaquer au-dessus parfois. Pas de panique, vous verrez un peu plus bas les options que vous avez pour optimiser la tp° confort).

Pour la plupart, un sac de couchage d’une tp° confort autour de 0° sera suffisante pour un bivouac de juin à août entre 1200 et 1500 m d’altitude. Et entre + 2° et + 5° confort entre 900 et 1200 m d’altitude.
Pour le printemps (il peut neiger fort au mois de mai à 1500 m), d’avril à juin, préférez un sac d’une tp° confort entre -2° à 0° entre 1200 m et 1500 m d’altitude et entre 0° et + 3° entre 900 m et 1200 m.

Ces chiffres sont une indication. La météo, la fatigue, l’hydratation ou encore la frilosité sont des facteurs changeant en fonction des mois et des personnes. Ce sont les tranches que je donnais aux clients pour qu’ils se fassent une idée. Les tp° annoncées sont pour des personnes dormant en sous-vêtements.

Pour résumer, dans la majorité des cas, une tp° confort comprise entre -2° et +2° couvrira vos besoins dans 80% des randos que vous faîtes en France.
“Oui oui ok, c’est bien beau, mais les 20% qui restent ?”.

Hé oui, les 20% qui restent correspondent aux bivouacs que vous allez faire entre 1500 m et 2000 m au printemps (avril – mai). Dans ce cas on préférera des sacs entre -2° et – 5° et entre -5° et -8° jusqu’à 2500 m. Entre juin et fin août, un sac entre -5° et 0°(1500 m – 2000 m) et entre -2° et -8° (2000 m – 2500 m).

ATTENTION : à ces altitudes la météo devient une science incertaine et les données que je vous donne sont à prendre avec des pincettes !

Les 20% correspondent aussi à toutes les randos que vous allez faire en dessous de 900 m. Si vous passez le plus clair de vos bivouacs en dessous de 900 m entre avril et fin septembre, un sac entre + 5° et +8° suffiront.

Je vous vois venir… Vous êtes en train de vous dire que ça va être compliqué de trouver le sac à tout faire… Vous avez raison !

Mais rassurez-vous, je n’ai pas encore sorti tous les lapins de mon chapeau ! Dans un instant je vais vous parler de :

  • l’intérêt d’avoir deux sacs de couchage
  • des sacs à viande (certains permettent de gagner en tp° confort)
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Bon, ça commence à faire long là… Promis, après les deux prochains points, on passe en mode vidéo !

Comme je le disais plus haut,dans la majorité des cas, un sac compris entre -2° et +2° couvrira les besoins d’un large panel d’utilisateurs (80% – 90% des randonneurs). Mais pour ceux qui bivouaquent entre mars et octobre en moyenne montagne, les amplitudes de températures sont énormes. Dans ce cas-là, vous n’aurez pas beaucoup de choix qui se présenteront à vous. Un deuxième sac fera partie de votre équipement. Dans ce cas-là, évitez un écart de tp° confort trop grand entre les deux sinon vous risquez de vous demandez sans cesse lequel prendre. Ce qui veut dire une chance sur deux d’avoir soit trop chaud, soit trop froid… Un sac -4°/ 0° pour l’un et +4° / +8° pour l’autre feront très bien l’affaire.

Bon par contre ça va douiller…. C’est sûr que si vous voulez le top du top dans le fameux ratio poids/volume/chaleur vous allez avoir une suée au moment de glisser votre CB dans l’appareil. Néanmoins, si vous êtes prêt à sacrifier quelques grammes, l’addition sera moins salée. Hé oui, passé un certain prix, le prix au gramme fait un peu peur parfois. De plus, rien ne vous empêche d’en avoir un en synthétique et un duvet… À vous de voir.

Pour celles et ceux désirant bivouaquer en montagne l’hiver, vous n’aurez pas le choix. Vous aurez le plaisir d’avoir un vrai bon gros sac de couchage bien dodu, bien garni de bon duvet !

Les (merveilleux) sac à viande

Ok donc là, il va falloir être attentif ! Non pas que vous ne le soyez pas déjà ou que le sujet va être compliqué, mais bien parce que certains sacs à viande (ou drap de soie dans le jargon) vont vous permettre d’optimiser la tp° confort de votre sac de couchage ! Ni plus ni moins.

Il est question ici du sac dans lequel vous vous enfilez afin, et première utilité de celui-ci, de capter votre saleté et votre transpiration. L’idée du sac de couchage et qu’on le lave le moins souvent possible afin de garder ses propriétés thermiques le plus intactes possible. Il va être question principalement de matériaux utilisés. C’est parti :

crédit : maisondelasoie

Le drap de soie (en soie !) :

C’est le minimum syndical ! Véritable barrière contre crasse et transpiration, il n’est pas là pour vous apporter de la chaleur mais bien repousser au maximum l’échéance d’un lavage de votre sac de couchage.

Drap en coton :

Bon, le coton et la rando ne font pas vraiment bon ménage généralement. Le sac à viande en coton sera un peu plus encombrant, plus lourd aussi. Le prix sera un peu plus doux et il vous fera gagner un tout petit peu de chaleur (environ +1°).

Drap en soie et coton :

Le mélange des deux offre les avantages et inconvénients des deux. Touché agréable, poids plus contenu que le 100% coton.

Drap en Coolmax :

Chaussettes, plaids, t-shirt technique, etc. Le Coolmax est un tissu synthétique dont le but est d’évacuer la transpiration. Les sacs à viande utilisant ce matériau seront à privilégier dans des petits duvets pour le plein été ou en voyage. Généralement lourd (250 gr) et encombrant, ce ne sera pas un bon choix pour la majorité des randonneurs. Comme pour tous les sacs à viande, il peut s’utiliser sans sac de couchage également.

Drap en polaire :

Non non non, lourd et encombrant, il est privilégié pour dormir sur le canapé des copains. Ou, sans sac de couchage en été. Dans ce cas, le poids devient intéressant.

Drap en Thermolite :

Thermolite de la marque See To Summit propose 3 sacs à viande aux caractéristiques très intéressantes. En fonction de sa densité, le thermolite vous apportera un accroissement de chaleur. Il est là pour booster la tp° confort de votre sac de couchage.

  • Le modèle Reactor : + 8° sur le papier (5°-6° environ en vrai)
  • Le modèle Reactor Compact Plus : + 11° sur le papier (8° – 9° environ en vrai)
  • Le modèle Reactor Extreme : + 14° sur le papier (10° – 12° environ en vrai)

Il n’y a pas photos ! Dans la plupart des situations que vous rencontrerez, ce type de produit se substituera à un deuxième sac de couchage et vous permettra de moduler en fonction des saisons et des altitudes ! Rassuré ?

Tente et matelas ont leur importance dans le choix du sac

En quoi vos caractéristiques physiques importent dans le choix du sac ?

Petit, grand, frileux, transpirant. Autant de caractéristiques qui vont influencer vos choix dans la recherche d’un sac de couchage.

Il existe des sacs pour hommes et des sacs pour femmes. La forme et la longueur varies en fonction du sexe et il sera très important de ne pas se tromper.

Prendre un sac trop grand, c’est la garantie de ne pas occuper toute la place à l’intérieur. Cela implique que les zones non occupées ne bénéficieront pas de la chaleur de votre corps. C’est la porte ouverte aux points froids.

Dans d’autres cas, prendre un sac un peu plus long permet, en hiver, d’y placer au fond ses chaussures de randonnées ou sa bouteille de gaz par exemple (ça craint le froid ces petites choses).

Dans tous les cas et comme pour beaucoup d’équipements, il faut l’essayer. Vous allez peut-être y passer autant de temps dedans qu’à marcher sur une rando de plusieurs jours, ce serait dommage de se tromper et se retrouver comme une larve dans une chrysalide.

Si vous êtes un incomparable frileux, prenez deux degrés confort en moins ou préférez un sac à viande chaud (les vêtements en laine mérinos sont un très bon choix également).

Certaines marques comme Triple 0 ou Valandré proposent des options sur-mesure. Pour un type de sac, vous pouvez leur demander de garnir avec un peu plus de duvet les cloisons au niveau des pieds ou de la capuche.

Rangement et lavage

Lors de l’achat d’un sac de couchage, il vous sera livré avec au moins deux sacs de rangement. Un grand sac dans lequel vous le rangerez lorsque vous ne l’utiliserez pas (le duvet déteste être comprimé longtemps, cela l’abime et lui fait perdre de ses caractéristiques isolantes).

Un deuxième sac pour le transport en randonnée. La plupart du temps, ce sac aura des sangles de compression afin qu’il prenne le minimum de place dans votre sac à dos.

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crédit : SeaToSummit

En ce qui concerne le lavage… Laver un sac de couchage en synthétique n’est pas très compliqué :

À la machine à laver (passer quand même votre main un peu partout à l’intérieur du tambour de la machine pour voir s’il n’y a pas d’aspérités qui pourrait l’endommager) et un bon cycle de sèche-linge suffiront à le nettoyer.

Pour un sac en duvet c’est différent, voire dangereux pour la survie du sac. Voilà comment procéder :

  1. Passez votre main à l’intérieur du tambour de la machine pour détecter d’éventuelles aspérités
  2. Lavez le bac où vous mettez habituellement votre lessive
  3. Pesez votre duvet
  4. Faites-le tremper dans une baignoire avec de l’eau tiède et du savon de Marseille dilué
  5. Chassez l’eau de la baignoire et pressez-le délicatement afin de faire sortir l’eau du sac de couchage. “Délicatement” afin de ne pas exploser les cloisons interne par pression
  6. Rincez-le et répétez l’opération du point 5
  7. Lavez en machine avec une lessive spéciale duvet à 30°. Programme délicat (dans son sac de lavage si il a été vendu avec)
  8. Faites deux cycles de rinçage
  9. Préférez un cycle d’essorage long et doux
  10. Mettez-le ensuite dans un sèche-linge avec des balles de tennis. Les balles sont là pour séparer les mottes de duvet dues au lavage à l’eau. Programme long et peu chaud.
  11. Pesez votre duvet à nouveau. Si il est plus lourd qu’au départ, c’est qu’il n’est pas sec. Séparer les mottes de duvet que vous trouverez, à la main
  12. Recommencez un cycle de séchage au besoin (cycle un peu plus court)
  13. Etendez-le au soleil et au vent afin qu’il reprenne son souffle
  14. Pesez à nouveau. S’il fait le même poids qu’au départ, c’est gagné ! Il est bien sec ! S’il est plus léger qu’au départ, c’est qu’il était vraiment crado !

Attention : pas de pressing et pas de nettoyage à sec !!!

Si cela vous paraît contraignant, sachez que quelques marques (Triple 0, Valandré ou encore Mountain Equipment) proposent des services de nettoyage de votre duvet.

Dans tous les cas, qu’il soit en synthétique ou en duvet, un nettoyage est quelque chose d’exceptionnel dans la vie de votre duvet. Il doit être fait en dernier recours.

Conclusion

Le sac à tout faire n’existe pas. Faire une moyenne des lieux dans lesquels vous randonnez, la fréquence d’utilisation et la saisonnalité seront les trois facteurs minimums à prendre en compte. Ajoutez-y un soupçon de caractéristiques physiologiques et quelques projets à venir et vous vous rapprocherez du but.

Un sac de couchage de bonne qualité a son prix et c’est un article que vous garderez longtemps si vous en prenez soin. Il est donc primordial de ne pas se précipiter et préférer d’économiser un peu plus plutôt que de se retrouver longtemps avec un article qui ne correspond pas vos à besoins.

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