C’est reparti pour un tour ! Le tour du Méjean :
Cela fait quelque temps que mon emploi du temps ne me permettait pas de partir quelques jours. Rendez-vous pris, je prépare mon sac pour un tour du Causse Méjean avec un besoin et une envie irrésistible de marcher.
L’idée est de boucler le tour en 5 jours afin d’avoir le temps de reconnecter avec mon environnement naturel. Quel plaisir de ressortir le matos, de préparer mon sac, ma nourriture et de faire un tour rapide de la 2640 OT.Je n’ai pas d’appareil photo mais mon pote Christophe me prête sa Gopro en m’avertissant que l’écran LCD « bouffe » littéralement la batterie…Je confirme.
Je ne prévois pas d’étape en particulier et décide de partir en me laissant porter par mon rythme naturel. Je n’ai pas de balance afin de pouvoir vous délivrer une liste intéressante mais je prends le temps, une fois le sac bouclé, d’emprunter le pèse personne de ma voisine, afin d’avoir une idée du poids de la bête… L’aiguille mécanique indique 12 kg pile. Yes ! je suis dans ma moyenne pour ce type de sortie en autonomie à cette saison. 12kg le sac complet avec nourriture et 3L d’eau.
Jour 1 :
Je me gare à Meyrueis le jeudi 2 avril avec la ferme intention de me poser le soir aux Arcs de Saint Pierre. Je pars sac au dos au moment où les cloches de l’église sonnent midi. C’est parti !
Je quitte donc le village et commence la montée vers le causse par un petit raidillon en ornière qui permet de mettre tout de suite le corps en action. C’est rigolo, après une vingtaine de minutes de marche, je suis déjà dans mes pensées avec la sensation d’avoir repris cette discussion avec moi-même, là où je l’avais laissé lors de ma dernière rando… j’adore.
Meyrueis est derrière moi
Et le Causse Méjean se dévoile à moi, magnifique. Je suis littéralement dingue de cet endroit.
Après un premier arrêt rapide pour acheter un petit fromage de brebis à Hyelzas je continue mon chemin et dépasse 2-3 hameaux aux allures bien lozériennes.
Je compte faire un peu d’eau à Saint Pierre des Trippiers mais ne m’arrête pas car il me reste un peu de chemin afin d’arriver aux Arcs de Saint Pierre pour y passer la nuit. J’en ferai demain… j’en ai assez.
Dessous, les Arcs de St Pierre où je passerais la nuit
Jour 2 :
Je me suis caillé … comprend pas… Ansabère 600… haut mérinos en 260…couché 20h30, Levé 8h… comprend pas… tp° de la nuit entre 3 et 5 degrés je pense, humide et venté.
J’enchaine après un petit dèj’ sur la visite du site qui sent bon le calme du hors saison. Quelque chose de « mystique » plane sur cet endroit.
Je repars et m’arrête vite fait après un kilomètre à Cassagnes afin de refaire de l’eau.
Je décide de faire la boucle en passant par le Balcon du Vertige et le Vase de Sèvre afin d’avoir une vue plongeante sur les Gorges de la Jonte. C’est époustouflant : des vautours, du gaz et des colonnes de roche de toutes formes.
Il ne fait pas très chaud et le temps n’est pas au grand bleu mais je profite quand même des quelques rayons que le soleil veut bien m’offrir. Après quelques kilomètres sur ce sentier sinueux, je retrouve le GR 6 de Pays et poursuis plein Nord. Je longe les gorges du Tarn par le plateau dont les paysages de ce début de printemps laissent apparaître les premières fleurs. Je me trouve un jeune compagnon de route qui retournera chez lui après quelques kilomètres .
Bon, je m’en rend compte, j’abuse. Le tour prévu en 5 jours, je suis carrément en train de le manger tout cru. Je me laisse avoir comme la dernière fois. Mon problème : je laisse trop de temps entre mes randos et dès que je suis parti, je ne peux pas m’empêcher d’enchainer les kilomètres tellement je prend du plaisir. Le truc c’est que je n’ai plus l’entrainement d’il y a quelques années et marche jusqu’à la douleur… Je me fait penser à ce chien enfermé toute la journée et à qui on ouvre la porte le soir : 10 tours de terrain en 7 secondes, la langue qui pend, oreilles au vent, tout foufou et surtout heureux de prendre l’air.
Aïe, ça sent la tendinite au tendon d’Achille…
Je dépasserais le soir le col de Rieisse pour installer mon camp en bordure des gorges du Tarn
Jour 3 :
Je me suis caillé … comprend pas… Ansabère 600…deux hauts en mérinos 200 et 260, couverture de survie sous le Z lite…couché 21h et levé 8h… comprend pas… tp° de la nuit entre 2 et 3 degrés je pense, nuit venté.
Il ne fait pas trop mauvais ce matin et décide de prendre un peu de temps avant de décoller. J’ouvre et retourne mon duvet pour le mettre au soleil et m’aperçois : Mais il est dégueux ce sac ! Et comprend pourquoi je me suis caillé les deux nuits précédentes. Les flocons, avec le temps, on fait des mottes et laisse des ponts thermiques un peu partout… Il est vrai que j’avais beaucoup transpiré dedans au Maroc où la gestion des températures nuits froides / matins chauds avaient été difficile à gérer puis les autres randos par la suite où la gestion de l’humidité avait été difficile…
Je cherche pas plus … ptit dèj’ et réveil musculaire en douceur, paquetage et en avant. Je décide tout de suite de faire en sorte d’être à Florac pour la nuit afin de faire de l’eau et prendre une douche chaude (et oh j’ai le droit hein ! c’est la reprise !). Je me dis aussi que malgré l’humidité du fond des gorges, la tp° sera peut être un peu plus douce… ppffff, on se rassure comme on peut.
Je m’arrête faire une pause et reprendre de l’eau au Mas Saint Chély. Au fait, en ce début de saison, je n’ai pu faire de l’eau qu’auprès des habitants. Les communes n’ont pas remis les robinets en service car le gèle guette encore.
Bon, aujourd’hui le balisage laissait à désirer à 2-3 passages et aussi dans les parties boisées où de fraîches coupes de bois ont fait apparaître des pistes forestières toutes neuves et disparaître le balisage.
Les paysages de bois et de zones nues se succèdent magnifiquement au détriment du temps pas terrible et plutôt frais. J’arrive sur les hauteurs de Florac vers 18h30 avec la pluie dans le dos. J’accélère le pas dans la descente sous une bruine ventée.
Ah la ville ! Je me détends avec un demi en terrasse couverte et quitte le bruit en direction du camping le plus proche. Au menu : Douche chaude et mangé/dodo.
Jour 4 :
Je me suis caillé … je comprends maintenant … Ansabère 600 dégueux…deux haut en mérinos 200 et 260, couverture de survie sous le Z lite…couché 21h30 et levé 6h30… tp° de la nuit 6 degrés je pense, nuit ventée et (très) humide. Je sors du camping en direction de Florac où je me paie le luxe d’un café allongé, d’un pain aux raisins et d’un croissant (invendu de la veille, merci).
Douleur au tendon d’Achille gauche, Je décide de me taper les 5 km de route qui remonte vers le plateau afin de m’échauffer doucement. Après deux kilomètres, une voiture s’arrête à ma hauteur et me propose de m’emmener au sommet…je monte. C’est une famille de marcheur qui part pour deux jours sur le Causse.
Ils me déposent en me souhaitant une bonne journée. Il fait froid et couvert avec un vent à décorner les bêtes à cornes ! Ce sera bonnet et gants pour une grande partie de la journée.
C’est l’étape que j’attendais : le Causse nu. On est le 5avril et c’est mon anniversaire ! La carte prévoie un itinéraire hors sentier sur 4-5 km, j’adore ! Après un café chaud aux ruines de La Chabassude et le retour d’un magnifique ciel bleu, je trouve un début de sentier qui me fera tourner en bourrique durant une vingtaine de minutes. Je finis par comprendre que l’itinéraire balisé me fait longer une clôture alors que celui hors sentier se situe plus bas vers le bord du plateau. Je décide de suivre la clôture afin de profiter au maximum du paysage, plutôt que de me battre avec la carte dans les rafales.
Je ne pouvais pas rêver d’un plus beau cadeau : Paysages comme je les aime, vent de ouf qui me déstabilise, je rigole et m’amuse ! je suis tout seul ici ! toute cette immensité, c’est pour moi, c’est mon cadeau. C’est pour ces moments que j’aime la marche en solo.
Je passe par le chaos de Nîmes le Vieux
Je termine ma rando tranquillement en quittant le Causse avec une douleur à la cheville, mais tellement heureux de cette ballade.
J’arrive à la voiture vers 18h. Demain j’envoi mon sac de couchage pour un lavage chez Triple0.
Abris et couchage | |
Tente Sil Rocket de Luxe Outdoor | 1157 |
Bâtons Fisan Compact sans dragonnes | 316 |
Sac de couchage Ansabère 600 | 980 |
Matelas Zlite Reg | 390 |
Oreiller en plume Air France | 223 |
Total | 3066 |
Portage | |
Sac à dos Talon 44 | 1092 |
Popote et réchaud | |
Snow Peak Trek 700 titane | 126 |
Coleman F1 Spirit | 115 |
Couteau Edelrid Rope Tooth | 48 |
Mini Bic | 11 |
Total | 300 |
Vêtements | |
Icebreaker ls zip 260 | 350 |
Icebreaker ls 200 | 218 |
Chaussettes Xsocks trekking outdoor + Tecko Merino Sin3rgi | 80 |
Softshell doublé polaire North Face windblock | 606 |
Boxer x2 | 114 |
Pantalon rando été softshell Millet | 390 |
3 couches ActiveShell TNF | 409 |
Chaussures Garmont dragontail gtx | 1219 |
Sur pantalon Patagonia 2 couches H2nO | 273 |
Gant Venta LT Arc’teryx | 76 |
Bonnet Arc’teryx | 65 |
Total | 2588 |
Hygiene et santé | |
Nok reconditionnée | 18 |
Brosse à dent coupée + dentifrice reconditionné | 8+18 |
3 cachets de paracétamol | 2 |
Gel hydro alcoolique | 14 |
Savon de Marseille recoupé | 28 |
Serviette msr | 98 |
Total | 172 |
2 comments
bonjour, intéressant petit récit merci 😉 Je prévois de m’échapper l’an prochain dans ce coin de paradis 😀
petite question, concernant l’alimentation, je ne vois rien dans votre liste… comment vous êtes vous ravitaillez ? qu’aviez vous dans votre sac.
Avez vous trouvé facilement de l’eau ?
Départ prévu sur juin 2019…
Merci pour vos réponses. Val.
Bonjour,
La raison pour laquelle je ne parle pas de nourriture est volontaire. En effet, chaque personne a ses propres besoins en terme d’alimentation. La saison, la dépense et la forme physique, la physiologie etc sont des facteurs propres à chacun. Pour ma part, j’avais tout dans le sac à dos (soupe chinoise, noix diverses, crème de marrons, semoule ou encore purée déshydratée que j’agrémente d’aliments hyper calorique…). En ce qui concerne l’eau, vous n’aurez aucun problème au mois de juin. De toute façon et même si le Causse est un endroit dépeuplé, personne ne m’a jamais refusé de l’eau car à l’époque où j’avais entrepris cette rando les robinets des hameaux étaient encore fermés pour risque de gel.
Dans tous les cas je vous souhaite beaucoup de plaisir dans cette futur aventure ! attention quand même à la chaleur en journée et à la fraîcheur nocturne.