Comprendre la température confort d’un sac de couchage

La température confort d’un sac de couchage ?

Si il est toujours difficile de trouver l’équipement qui nous convient parfaitement (adéquation homme/terrain/équipement), il est d’autant plus important de bien comprendre les caractéristiques qui les différencies.
Qu’il soit en duvet ou en synthétique, la température confort d’un sac se lit de la même manière.

Si vous avez acheté un sac de couchage, vous avez déjà certainement vue une étiquette ressemblant à cela :

rando inside, randonnée, température confort

En y regardant de plus près, deux informations apparaissent :

La Tp° confort, limite confort, extrême

  • La température confort : c’est la tp° limite d’utilisation dans laquelle vous dormez relâché, les bras le long du corp sans ressentir le froid extérieur. Elle est toujours indiquée pour une « femme standard ».
  • La température limite confort : c’est la tp° limite dans laquelle vous dormez en position fœtal sans ressentir le froid extérieur. Elle est toujours indiquée pour un « homme standard ».
  • La température extreme : c’est la tp° dans laquelle, en position fœtal vous ressentirez le froid extérieur. A ce niveau là, il faut craindre un risque pour la santé. Au delà, le risque mortel par hypothermie est présent. Elle est toujours indiquée pour un « homme standard ».

Ne vous arrêtez pas au degré près ! Pour l’exemple ci-dessus, les températures confort sont à lire par tranche

Exemple :
Jusqu’à un degré ont est dans la température confort d’utilisation. De 1 à -5 degré c’est la tp° limite confort. De -5 à – 22 c’est la tp° extreme.

Une photo pour que vous compreniez mieux par ce que j’appel tranche:

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ATTENTION !!! ces valeurs sont données à titre indicative ! Afin de mieux comprendre pourquoi, il est important de savoir à quoi correspond la norme EN 13537

La norme EN 13537

Indispensable à mon sens, cette norme consiste à tester dans les mêmes conditions (à peu près) des sacs de couchage en laboratoire agréé. Un mannequin est placé dans un sac de couchage à tester, le tout sur un matelas isolant. Des capteur sont répartis en 6 à 35 segments (selon les labos) sur le mannequin et on mesure la déperdition de chaleur. Il existe quand même des différences entre les différents laboratoires agréés et c’est la raison pour laquelle il ne faut pas interpreter les résultats à la lettre.
Julien du magasine Carnet d’Aventure avait écrit il y a quelques années un très bon papier sur cette norme, en voici quelques extraits :

« Les conditions de test (température, hygrométrie, vitesse de l’air, matelas, habillement du mannequin, temps de conditionnement du sac de couchage, etc…) sont fixées par la norme, avec des plages parfois assez larges :

  • La température de surface du mannequin est choisie entre 25°C et 40°C.
  • La température extérieure est décorrélée de la température d’utilisation, puisqu’elle est prise en compte dans le calcul de résistance thermique, elle doit seulement être inférieure d’au moins 15 degrés à la température du mannequin (pour info, les rapports étudiés montrent des températures de test entre -10°C et +20°C).
  • Le taux d’humidité doit être fixé entre 40% et 80%.
  • La vitesse de l’air extérieur doit être inférieure à 0,5 m/s (soit 1,8 km/h), la vitesse recommandée étant de 0,3 m/s.
  • Le mannequin doit mesurer entre 1,5m et 1,9m de haut, avec une surface comprise entre 1,5 et 2,1m². Il comporte au moins un point de mesure.
  • Le mannequin est entièrement couvert d’un vêtement de résistance thermique 0,049 m²·K/W (±10%), avec des chaussettes de 0,054 m²·K/W (±10%) et un masque de visage.
  • Le matelas est de résistance thermique 0,85 m²·K/W (±7%), et placé sur une planche de bois d’environ 12mm d’épaisseur, surélevée du sol.
  • En ce qui concerne la préparation du sac de couchage, la norme EN 13537:2002 spécifiait seulement que celui-ci devait être sorti depuis au moins 12 heures avant la mesure. La norme EN 13537:2012 précise désormais une méthode de conditionnement du sac de couchage.

Les moyens de tests sont également calibrés de manière à limiter les différences de résultats entre les laboratoires (qui utilisent des environnements et des mannequins différents). Des calculs correctifs sont donc appliqués.
Enfin, pour limiter les erreurs liées à la mise en œuvre et améliorer la reproductibilité du test, celui-ci est normalement réalisé trois fois, et le résultat final est la moyenne de ces trois mesures. »

En dehors de ces différences de résultat, il faut aussi prendre en compte que votre organisme est plus complexe qu’un mannequin muni de capteurs… Votre frilosité dépend d’abord de vous, de votre fatigue, de votre alimentation et également de votre hydratation.
Il faut savoir aussi que les tests ne prennent pas en compte une forte humidité dans l’air, du vent en rafale, le fait d’être isolé sous une tente (ou non), la qualité du matelas de sol ou encore l’altération de votre sac avec le temps.

Je pourrais développer d’avantage sur le sujet comme par exemple : la révision de la norme en 2012 destiné à diminuer la variabilité des résultats en laboratoires. Pour garder cet article simple je préfère m’arrêter là.
Néanmoins, pour aller plus loin vous pouvez lire cet excellent article.


 


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