Autonomie en haute montagne avec un 33 litres

3 jours en haute montagne avec un 33 litres, en autonomie. Vous trouverez ci-dessous le récit et tout à la fin, une vidéo détaillant ce qu’il y a dans mon sac à dos.

Afin d’introduire ce récit, le choix du 33 litres c’est fait plus rapidement que prévu. Le week-end d’avant, je partais avec ma compagne sur l’Aigoual pour une nuit à la belle pour voir les étoiles filantes.  On monte le tarp, y mettons les affaires, mangeons et nous installons nos matelas contre ce dernier. Dans la nuit, elle me réveil et me dit : »je sens une présence… » Je lui répond : « oui oui, c’est rien, rendors toi » et repars dans les limbes. 30 min plus tard, elle se réveil d’un bond, tout apeurée, un renard de belle taille venait de lui renifler l’oreille. Je m’assois et essai de faire dégager l’animal curieux en lui expliquant que ce n’était pas l’heure de se prêter à se genre de pratique (ben oui quoi ! on renifle pas l’oreille de quelqu’un qu’on connait pas). La bestiole, plus curieuse que peureuse reste là, tranquille, et essai de renifler la main qui tente de le chasser. Je fini par me lever, ce qui a pour effet de faire fuir le goupil intéressé. Je fais le tour du tarp, l’ouvre et fait le point sur le matos car je sais que les renards peuvent être de sacré voleurs. Ça va, rien ne manque…je referme le tarp (les yeux collés car il est 4h du mat). Et là, tilt ! je ré-ouvre l’abri et constate que mon sac à dos à disparu ! Oh b*rdel ! enf*iré d’animal ! J’ai eu à faire à c*nnard le renard ! Je fais le tour du tarp : 10 m, 20 m, 40m rien ! Pas de sac ! évidemment, dedans il y a les clés de la caisse, mes papiers et une partie du matos…

Je retrouverais mon sac dans le bartas à 50m du tarp, en kit. Il est défoncé, en miette. Je retrouverais des sangles un peu partout mais ne retrouverais jamais une des bretelles de portage (c’est qui qui va se taper un gros sac pour deux demain matin ?)

rando inside, randonée, autonomierando inside, randonée, autonomieVoici donc la raison pour laquelle je ne suis pas parti avec mon Talon 44. J’ai racheté son petit frère, le 33 litres, car je ne remplissais le 44 qu’en hiver.

Voici le récit de 3 jours de haute montagne en autonomie avec un sac de 33 litres.

Ahhh ça fait toujours du bien d’aller se dégourdir les gambettes au frais ! Après deux mois à 35°, il était temps d’aller chercher la fraîcheur des alpages pyrénéen.

Je suis donc parti en direction des Angles dans les Pyrénées Orientales. C’est un coin que je connais assez bien pour y avoir vécu durant deux années. Je pose mes bagages chez ma pote Mumu le lundi soir pour un départ le mardi matin.

Au levé, le temps est exécrable : pluie et froid sont au rendez-vous… m’en fout, j’y vais quand même ! Je gare ma voiture au parking du lac de Balcère (1770m) et commence à marcher avec pour objectif un bivouac aux étangs Bleu (2400m), si l’orage ne daigne pas se mettre en travers de ma motivation…

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Ambiance…

Pour atteindre les étangs Bleu (Estany Blau), il faut cheminer dans une petite vallée d’altitude entre le grand Péric et la vallée de la Grave. Ce chemin n’est pas indiqué sur les cartes au 25000 eme mais figure sur celles au 50000 eme. Une fois passé la cabane de la Balmette, je chemine toujours dans le brouillard (épais le brouillard) et pars en direction le lac des Bouillouses. Je n’y vois rien à vingt mètres et ne trouve pas l’entrée du sentier. Je profite d’une barre de réception sur mon téléphone pour appeler Michel (le même qu’ici), qui, je le sais d’avance, trouvera la solution à mon problème. Pas de soucis pour lui, même par téléphone ! Il me renseigne parfaitement et dix minutes plus tard je me trouve sur le bon sentier (qui n’est pas indiqué non plus sur le terrain). Je continue de monter dans le brouillard et le passage par la cabane de Baix me confirme que je progresse sur le bon sentier.

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Une éclaircie dans le brouillard. J’adore cette ambiance et quel calme.

Le brouillard toujours présent se laisse envahir par des rafales de vent qui m’indique que le temps va changer. J’arrive et dépasse les étangs de Baix et décide de caler ma tente le plus à l’abri du vent possible, en contre bas des étangs Bleu.

rando inside, randonnée, autonomierando inside, randonnée, autonomie1/2 heure plus tard, je prenais un orage des familles. La nuit sera agitée par le vent et la pluie.

Le lendemain matin

rando inside, randonée, autonomierando inside, randonée, autonomieC’est avec le beau temps que je me lève ! La motivation est là et je ne met pas longtemps pour lever le camp.

L’ étape du jour est de basculer vers la vallée d’Orlu, la remonter vers le refuge d’en Bays, faire un point météo et voir ce qu’il se passe après.

Avant de basculer vers la vallée d’Orlu par le col de la Portella Gran, je décide de faire le sommet qui est en face de moi : La Cometa d’Espagne (2763m). C’est l’avantage de randonner en autonomie, je fait un peu ce que je veux, quitte à m’offrir un petit sommet qui se présente à moi.

Je redescends et passe le col et me retrouve dans la vallée d’Orlu dont la Dent qui jouait avec les nuages se découvre enfin.

rando inside, randonnée, autonomieJe remonte en direction du refuge d’en Bays afin de prendre la météo du soir et décider de la suite du programme. En ces temps de vacances et au vue de l’affluence sur les chemins remontant du fond de la vallée, je sais que je ne m’attarderai pas dans les parages. Le sentier a été refait peut de temps avant. Il n’est pas difficile en terme de dénivelé mais il faut veiller à bien poser les pieds où il faut car il n’est pas plus large que 30 cm sur certaines sections. J’en ai payé le prix en prêtant trop attention au paysage ce qui m’a valu une belle frayeur en me retrouvant 3 m plus bas du sentier, la tête en bas dans les rodo…merci à mon sac léger car avec un 50-70l et au vue de la pente, c’est bien, mais alors bien plus bas que je me serais retrouvé…

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En remontant vers le refuge

J’arrive au lac et au refuge. J’y reste pas plus de 2min, juste le temps de prendre la météo de fin de journée et de la nuit. Je file car il est encore tôt. Je me pause 1/4 d’heure au bord du lac car je suis un peu entamé et entre ce que je vois sur la carte et en observant le fond de la vallée qui remonte vers le col de la Portella d’Orlu, je sais que je vais devoir puiser dans mes réserves…

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Le lac. Le refuge n’est pas visible,il est dans un renfoncement au fond à gauche

Je pars dans cette direction

rando inside, randonnée, autonomieJusqu’au col, le chemin ressemble la plupart du temps à ça

rando inside, randonnée, autonomiej’arrive au col fatigué avec la ferme intention de trouver un endroit où refaire de l’eau pour la fin de journée et le lendemain matin. Avec la pluie du mardi précèdent, trouver de l’eau n’est pas difficile. La difficulté est que les troupeaux sont en estive et j’en trouve un de brebis au col…L’eau attendra. Je poursuis mon chemin vers l’étang du Lanoux et quitte la vallée d’Orlu.

rando inside, randonnée, autonomieJe connais bien l’endroit, je sais où prendre de l’eau mais je devrais faire un détour qui va bien me faire sentir la fin de ces 10h de marche. Je suis content de trouver la cabane de Rouzet très propre, comme dans mon souvenir. Je fais la connaissance de Pierre qui m’invite à modérer mon contentement car derrière le refuge, c’est une véritable décharge. Le genre de truc qui me fout dans un état second…

Je trouve un endroit où mettre ma tente et savoure cette fin de journée en regardant les mouflons faire leur vie.

rando inside, randonnée, autonomieJ’ai passé un bonne nuit, je plis le camp rapidement et plutôt que de monter par le col de la Grave, je décide de partir hors sentier pour essayer de voir une colonie de mouflons que j’ai aperçu sur les hauteur la veille. Je pars pleine pente avec le Lanoux dans le dos

rando inside, randonnée, autonomie et le Carlit en face

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Le Carlit (2921M)

Je retrouverais les mouflons (entre 12 et 15 bêtes) vus la veille en train de jouer dans la lumière du matin.

Je redescends sur une crête en direction du col et m’engage dans la vallée de la Grave dans laquelle je retrouve Pierre qui descends également. Nous cheminons ensemble, puis finissons par nous séparer.

rando inside, randonnée, autonomieJe cherche une coupe qui me permettrait de changer de vallée sans avoir à redescendre vers le trop fréquenté lac des Bouillouse. Je suis encore trop haut dans la vallée, certains endroit on l’air de passer mais c’est plus l’autre versant qui m’inquiète car il a l’air très abrupte. On va pas tenter le diable comme on dit ! Je poursuis ma descente , recroise Pierre puis guide un couple qui s’est trompé de vallée. Je repère donc ma coupe et emmène les deux personnes sur le bon sentier. Ça monte dur mais ce sont quelques heures de gagnées. En mode tout droit, j’ai la ferme intention de plier la journée avec un retour à la voiture car je dois en rester là… J’avais prévu 4 jours de marche mais j’ai du puiser malgré moi dans mes réserves de sucres (barres, biscuits…) et n’est plus que du salé à manger. Je sais qu’une journée sans sucre, je ne la tiens pas en marchant car j’aime avancer fort, c’est ma façon de marcher. Ça me servira de leçon pour la prochaine fois. Comme quoi, on oubli vite que la montagne est caloriphage !

J’arrive et dépasse les deux Pérics

rando inside, randonnée, autonomieJe redescends vers la voiture sous un soleil qui disparaîtra le lendemain pour laisser place à la pluie…

Ce que j’ai pris avec moi :

Zut ! Je ne peux filmer que 15 min avec mon apn ! Ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire, c’est que si vous avez des questions relatives à mes choix d’équipement ou autre, n’hésitez pas à laisser un commentaire juste en dessous (en plus ça me fait toujours plaisir d’en avoir !)

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